Échangée à la naissance à cause d’une « erreur humaine », elle obtient près d’un million d’euros plus de vingt ans après

En 2002, deux petites filles ont été échangées par erreur, à la naissance, dans un hôpital public d’Espagne. La vérité n’a éclaté au grand jour que quinze ans plus tard, à la faveur d’un test ADN. Vingt-trois ans après l’échange, l’une des fillettes juge insuffisante l’indemnisation que vient de décider la justice espagnole.

L’incroyable méprise remonte au mois de juin 2002, à l’hôpital San Millán de Logrogne (au nord de l’Espagne). Ce jour-là, deux filles naissent, le même jour, à cinq heures d’intervalle. Toutes deux sont placées en couveuse. Pour une raison encore inexpliquée aujourd’hui, chacune des deux nouveau-nées sera ensuite malencontreusement confiée à la famille de l’autre. L’erreur est passée totalement inaperçue et les enfants ont grandi sans savoir qu’elles avaient été échangées à la maternité. L’histoire aurait pu se terminer là.

Mais quinze ans plus tard, un conflit familial lié à une question de pension alimentaire, conduit l’une des deux jeunes filles à se soumettre à un test ADN. Les résultats sont sans appel : ni le père ni la mère de la jeune Espagnole ne sont ses parents biologiques. L’adolescente, qui avait toujours été élevée par sa grand-mère présumée, a alors déposé plainte. Elle réclamait trois millions d’euros, s’estimant lourdement pénalisée par cet échange à la maternité.

« Erreur humaine »

S’en sont suivies plusieurs années d’enquête avant que l’affaire n’éclate dans la presse, en 2021. Les soupçons des deux jeunes femmes, alors âgées de 19 ans et dont l’identité est encore aujourd’hui gardée secrète, sont confirmés : elles ont bien été échangées à la naissance à cause d’une erreur humaine , a plaidé l’hôpital. La responsable régionale de la Santé de l’époque, Sara Alba, déclarait alors à l’AFP : Nous n’avons pas pu déterminer qui était à l’origine de cette erreur, les systèmes informatiques de l’époque ne comportant pas autant de détails qu’aujourd’hui. Elle insistait alors sur le fait qu’une telle erreur ne pourrait plus arriver, de nos jours : « Nous pouvons garantir que cela ne se reproduira plus. »

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Trois millions d’euros

La seconde jeune femme a elle aussi porté plainte, réclamant également trois millions d’euros devant les tribunaux pour préjudice irréparable ». Selon le quotidien El País, les autorités de la région de La Rioja ont proposé à chacune une indemnisation de 850 000 €, versée par la caisse d’assurance maladie régionale. Une somme jugée insuffisante par les deux victimes.

Dans l’un des cas, la situation est d’autant plus grave que la jeune adulte, informée de l’échange, aurait tenté de renouer le contact avec sa mère biologique. Or celle-ci était décédée, en 2018, avant qu’elles ne puissent se rencontrer. C’est pourquoi la Cour supérieure de justice de La Rioja a décidé, cette année, d’accorder à cette plaignante 125 000 € supplémentaires à la somme d’indemnisation initialement proposée, soit 975 000 € au total, au titre de dommages irréparables . Son avocat, José Sáez Morga, estime cependant que la demande d’un peu plus de trois millions d’euros est justifiée , rapporte le journal 20 minutes. Les deux jeunes femmes peuvent encore faire appel auprès de la Cour suprême d’Espagne.

Longtemps considéré comme l’un des meilleurs hôpitaux publics de La Rioja, l’hôpital San Millán a cessé ses activités, en 2007. Le bâtiment a été démoli deux ans plus tard. La construction d’un nouvel hôpital San Millán devrait prochainement débuter

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Crédit photo : Capture d’écran

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