Le barrage que tiennent les agriculteurs depuis un mois sur l’A64 près de Toulouse était en cours de démantèlement mardi matin par les forces de l’ordre. « Nous sommes encerclés par les gendarmes », a déclaré tôt ce matin par téléphone à l’AFP Jérôme Bayle, porte-voix des « Ultras de l’A64 » qui tiennent ce barrage depuis le 12 décembre. Vers 10h40, les agriculteurs ont annoncé « lever le barrage » emblématique de l’A64.
Après négociation avec le préfet de Haute-Garonne sur place, « on va lever le barrage », ont déclaré à l’AFP Benjamin Asna et Bertrand Loup, tous deux responsables des « Ultras de l’A64 ». Les manifestants vont partir « entre aujourd’hui et demain, le temps de tout ranger », a précisé Bertrand Loup, alors que de brèves échauffourées ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants qui voulaient regagner le campement pour le « nettoyer ».
Les blindés des forces de l’ordre déployés en nombre à partir de 4 heures du matin, maintiennent les journalistes à l’écart du barrage.
« On résiste »
Dans la matinée, Jérôme Bayle, éleveur de Haute-Garonne rapportait que les véhicules de gendarmerie ont détruit le mur de bottes de paille érigé en travers de l’autoroute Toulouse-Bayonne, coupée dans les deux sens depuis un mois à hauteur de la sortie 27 à Carbonne (Haute-Garonne). Dans un message sur ses réseaux sociaux, il évoquait « au moins 450 gendarmes ».
« On ne veut pas d’affrontement avec les gendarmes, mais on résiste », ajoutait Bertrand Loup, autre cadre des « Ultras de l’A64 », présent sur le barrage mardi matin. Il précisait que les agriculteurs invitaient le préfet de Haute-Garonne à venir sur place pour « discuter ».
« C’est encore un coup dur pour le monde agricole. Mais les coups durs, on va les prendre. On va s’organiser, se remobiliser », promettait sur BFMTV l’éleveur de bovins Jérôme Bayle. « Ils vont nous jeter par la porte et on va rentrer par la fenêtre », assurait-il depuis l’autoroute. « Je ne suis pas sûr qu’on résiste longtemps. On va montrer à ce préfet et à ces politiques qui ne veulent pas nous respecter qu’on doit être respectables jusqu’au bout ».
« Le protocole d’abattage n’a pas été modifié »
Les « Ultras de l’A64 » avaient lancé à Carbonne la mobilisation agricole en janvier 2024, qui avait fait tache d’huile dans toute la France. Cet hiver, c’est l’abattage de 207 vaches aux Bordes-sur-Arize (Ariège) en raison d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a provoqué la colère agricole dans le Sud-Ouest et plusieurs autres régions de l’hexagone. L’accroissement du coût des engrais ou encore l’accord UE-Mercosur en passe d’être signé sont d’autres motifs de la mobilisation qui se poursuit à Paris, où les tracteurs sont entrés mardi matin.
« La préfecture m’a dit que l’État a répondu à nos demandes », a encore déclaré Jérôme Bayle, qui avait été informé de la décision préfectorale de démanteler le barrage. « Mais ce n’est pas vrai, le protocole d’abattage n’a pas été modifié, et rien sur les céréales », a-t-il ajouté.
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