Pourquoi l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est l’objet d’une guerre entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal

Le sujet fait l’objet de deux propositions de loi : l’une du gouvernement, l’autre du parti dirigé par Gabriel Attal. Comme le symbole d’une crispation au sein du parti présidentiel.

Les réseaux sociaux nuisent à la santé mentale des jeunes. Mais visiblement crispent aussi au plus haut de l’Etat. L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans arrive devant le Parlement, mardi 13 janvier. La proposition de loi des députés macronistes Ensemble Pour la République est étudiée en commission à l’Assemblée nationale. Le texte, préparé par le gouvernement, fait aussi l’objet d’une guerre au sein de la majorité entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal.

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En effet, les deux tentent d’imposer leur propre texte sur l’accès des adolescents aux réseaux sociaux. L’un vient du gouvernement, l’autre des députés macronistes, mais les deux contiennent presque la même chose : une interdiction des réseaux avant 15 ans. Il s’agit donc d’une bataille de calendrier et d’une bataille de communication.

Une question d’héritage
Le président de la République multiplie les sorties sur le sujet depuis plusieurs mois, ce qui fait enrager l’entourage de Gabriel Attal, qui rappelle que l’ancien Premier ministre se positionne sur la question depuis deux ans.

Ce qui se joue derrière cette bataille, c’est la trace que les deux hommes imaginent laisser dans la vie politique française. Emmanuel Macron, à 15 mois de la fin de son mandat, veut ainsi peaufiner son héritage. Son ancien Premier ministre, Gabriel Attal, lui, veut marquer des points en vue d’une candidature à l’Elysée. Une guéguerre politique entre deux anciens alliés sur fond de mesures pour la santé mentale des jeunes.

Entre deux à cinq heures par jour
L’usage des réseaux sociaux nuit en effet à la santé mentale des adolescents, en particulier celle des filles, estime l’agence française de sécurité sanitaire (Anses). Dans un rapport, que franceinfo a pu consulter, l’agence préconise d' »agir à la source » pour que les mineurs n’accèdent qu’à des « réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé », impliquant que les plateformes modifient leurs algorithmes de personnalisation de contenu, leurs techniques d’interfaces persuasives et paramétrages par défaut.

La moitié des 12-17 ans passent deux à cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, selon plusieurs études.

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Crédit photo : Capture d’écran

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